Semaine de la Femme Congolaise RDC -- Conférence

La Femme congolaise dans les conflits armés : VICTIME ET HEROINE

La Conférence de ce vendredi 16 mai a été l’occasion de formidables échanges entre un public très enthousiaste et des intervenants passionnés. La Conférence a débuté par une introduction de Dyana KAMANDA (BNK Institut), qui a tenu à rappeler que la Semaine de la Femme congolaise organisée avec la MJC et l’association La Courte Echelle, était l’occasion de mettre le CONGO – ZAIRE à l’honneur, à travers ce qu’il a de plus précieux c’est-à-dire ses femmes.

 

En effet, les femmes dans la communauté congolaise sont un véritable pilier, aussi bien au sein de la diaspora que dans le pays lui-même. Cette conférence visait à casser les idées reçues sur la femme africaine qui est souvent présentée dans les médias, comme une femme soumise, dominée, et instrumentalisée, dans un monde où les hommes font la loi. Il est vrai que les femmes n’ont pas la vie facile au Congo aujourd’hui, mais la femme congolaise est avant tout une battante qui tient à bout de bras le destin du pays. L’histoire du Congo-Zaïre depuis les grands Empires précoloniaux est jonchée de figures féminines héroïques, de grandes guerrières de grandes reines, qui se sont dressées tantôt contre les convenances sociales de leur propres société, tantôt contre la domination d’envahisseurs étrangers. Et toutes ces figures charismatiques sont le reflet d’un trait de caractère de la femme congolaise, à savoir qu’elle ne SUBIT pas, elle se BAT ! Quel que soit le degré de déliquescence de son pays, elle trouve la force de survivre quand la mort et la désolation lui tombent dessus à bras raccourcis. Il ne s’agit donc pas d’un hasard si les agresseurs de la RDC en ont fait leur cible privilégiée. Les viols massifs qui sévissent à l’Est du Congo aujourd’hui, sont un moyen d’atteindre le cœur même de notre société, en détruisant le tissu social, dont la femme reste le principal garant. La reconstruction de ce grand pays passe donc impérativement par la reconnaissance et la réhabilitation du rôle de la femme congolaise dans sa communauté.

 

Nos différents intervenants se sont donc relayés, non pas pour se lamenter dans une posture victimaire sur tous les malheurs qui accablent les femmes congolaises. Mais bien au contraire pour rappeler que quels que soient les conflits que la femme congolaise a dû affronter au cours de son histoire, elle a toujours fait montre d’une combativité et d’un héroïsme qui force le respect.

 

Le premier à prendre la parole a été l’auteur et militant panafricain Momi M’BUZE, qui a longuement expliqué en quoi l’héroïne guerrière de son roman fantastique Les Chroniques de L’empire Ntu, était inspirée des grandes figures féminines des empires africains précoloniaux. Il a fortement exhorté les femmes africaines à s’appuyer sur leur histoire, pour sortir du carcan machiste des sociétés contemporaines.

 

Ensuite le docteur Serge MOLE s’est penché avec minutie sur le système de santé congolais en donnant une description détaillée des déterminants de santé, c’est-à-dire des facteurs socio-culturels, environnementaux, qui ont des conséquences néfastes sur l’état de santé des femmes en RDC.

 

Enfin, la conférence s’est achevée avec l’intervention du docteur Aaron VUNDA, responsable des urgences chirurgicales pédiatriques à l’hôpital cantonal de Genève, qui a présenté un diaporama poignant sur le sort des femmes violées à l’est du pays, et sur les efforts qu’il est possible de fournir avec très peu de moyens pour venir au secours de ces femmes, au travers de petites structures de santé efficaces, tel que l’hôpital de GUNGU qu’il soutient depuis 2003.

Il a également tenu à illustrer la pauvreté de la couverture médiatique sur cette crise humanitaire à travers l’exemple de la remise du prix de la fondation Chirac, en 2013, pour la prévention des conflits, attribué au docteur Denis MUKWEGE, engagé aux côtés des femmes violées en RDC. En effet cet évènement a été présenté dans tous les journaux, comme une simple rencontre entre Hollande et Chirac, occultant ainsi totalement le thème central de cet évènement, à savoir le travail du docteur MUKWEGE au près des femmes mutilées en RDC. Ceci montre une fois de plus à quel point il est important de parler de la situation en RDC, face au mutisme organisé des médias de masse sur cette crise abominable.

 

Dyana KAMANDA MOLE

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