REFERENDUM AU RWANDA :

                 LE NAZISME ECONOMIQUEMENT CORRECT

Ce vendredi 18 décembre Les Rwandais ont massivement soutenu la réforme constitutionnelle, autorisant le président Paul Kagamé à potentiellement diriger le pays jusqu'en 2034. D'après des résultats partiels, ils ont voté "oui" à 98,9 % ! Un référendum qui aux dires du gouvernement rwandais, aurait été réclamé à corps et à cris par le peuple  rwandais,  au moyen d’une pétition adressée au parlement et réunissant 3,7 millions de signatures, sur une population totale de 11 millions d'habitants. Ces allégations seraient  certainement moins  grotesques si elles n’émanaient pas d’un Etat régulièrement critiqué par les organisations de défense des droits de l’Homme pour ses manquements à la liberté d’expression et le musèlement de sa presse.

 

Après avoir pris le pouvoir par les armes en 1994, et s’être fait élire en 2003 puis réélire en 2010, rien ne semble donc pouvoir arrêter la folle aventure présidentielle de Paul Kagamé au Rwanda. L’union Européenne et les Etats Unis ont bien sur critiqué cette révision par les habituelles formules diplomatiques aussi pompeuses qu’inefficaces, et qui sont loin d’effrayer Mr Paul Kagamé devenu tout bonnement le plus puissant dictateur de  la région des Lacs. Mais attention, dictateur oui, mais adoubé par les plus hautes institutions financières internationales, qui voient en lui un visionnaire économique et qui saluent unanimement les avancées économiques réalisées par son pays. Résultats des courses : la « « Communauté Internationale » réprimande d’une main et récompense de l’autre un dictateur sanguinaire incriminé par l’ONU ou encore l’ONG « HUMAN RIGHTS WATCH » (HRW) pour : 

  • La répression et les tentatives de meurtres à l’encontre de ses opposants, y compris hors des frontières du Rwanda.
  • Son rôle avéré dans la déstabilisation de la RDC et la guerre qui ravage l’est de ce pays avec  aujourd’hui plus de 8 millions de morts.
  • Son soutien matériel direct aux milices armées et autres obscures groupuscules qui massacrent les populations à l’est de la RDC dans le but de créer un chaos propice à l’exploitation anarchique des ressources minières présentes sur ces territoires.

 

Bref … la liste des crimes imputables au régime Kagamé est encore longue. Mais la « Communauté Internationale » préfère fermer les yeux sur toutes les atrocités commises par ce régime génocidaire, sous prétexte que ses résultats économiques sont bons ! Mais de quoi nous parle-t-on ? Doit-on se fier à des indicateurs économiques biaisés et frauduleux qui font du Rwanda le premier exportateur mondial de matières premières qui n’existent même pas dans son sous-sol ? Doit-on sacrifier les plus hautes valeurs humaines sur l’autel de données économiques factices qui varient en fonction des affinités géopolitiques du moment ? Dans ce cas pourquoi ne pas ouvrir le débat sur la santé économique de l’Allemagne sous le régime nazi ?!  Peut-être verrions –nous d’un œil plus clément les atrocités commises par Hitler si nous daignions prendre en compte la valeur du PIB d’alors et les  progrès économiques réalisées sous le régime nazi.

Le Rwanda qui tire plus de la moitié de son budget de l’aide internationale semble avoir obtenu le droit de massacrer en toute quiétude, du moment que les voyants économiques sont au vert !

 

L’impunité totale dont jouit le Rwanda aujourd’hui va bien au-delà du cynisme politique et de la barbarie auxquels les grandes puissances nous ont habitués. Mais les Etats complices de cet abjecte simulacre de démocratie  doivent comprendre le danger qu’il y a pour eux-mêmes, à cautionner de telles horreurs  dans l’espace globalisé dans lequel nous évoluons, et où le terrorisme est devenu pour certains, le seul moyen de faire entendre leur voix face à un système politique mondial, qui institutionnalise l’injustice et la cruauté, qui déshumanise et broie l’homme dans sa chair tout comme au plus profond de lui-même. 

 

 

 

DMK

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