10 janvier 2017

Comment le Congo-Belge             est-il devenu indépendant?

      Récit de Me KAMANDA Wa KAMANDA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«  Les Belges, à travers le Plan Van Bilsen, voulaient que le Congo accède à l’Indépendance dans 30 ans et que les Congolais ysoient, entretemps, préparés dans une sorte de Communauté Belgo-Congolaise, à l’instar de la majorité des Colonies françaises, à l’exception de la Guinée de SEKOU TOURE qui y avait opposé une fin de non-recevoir. Mais les évènements du 04 janvier 1959, à Kinshasa, ont surpris les Belges et précipité les choses.

 

En effet, après ces troubles – où cours desquels le peuple va réclamer l’indépendance immédiate – il a été prévu, d’abord, une Table Ronde Politique, à Bruxelles, en janvier 1960, ensuite, une Table Ronde Economique, enfévrier 1960, pour préparer l’accession à l’indépendance du Congo.

 

A la Table Ronde Politique de janvier 1960, à Bruxelles, les leaders politiques congolais ont exigé la libération de Patrice LUMUMBA, alors en prison à Stanleyville, avant de commencer à siéger et à traiter avec les Belges.

 

Patrice LUMUMBA, effectivement libéré, les a rejoints à Bruxelles et les leaders politiques congolais – toutes tendances confondues – ont décidé de former un « Front Commun », pour parler d’une seule voix, face aux Belges.

 

C’est ainsi que devant les belges, surpris et désemparés, ils ont exigé et obtenu, ensemble, l’indépendance immédiate du Congo, pour le 30 Juin 1960.

 

Pris au piège de la stratégie congolaise, les Belges n’avaient eu d’autre choix que d’accepter l’accession du Congo à l’Indépendance, le 30 juin 1960.

 

Dans l’euphorie de leur victoire politique, les leaders politiques congolais ont négligé la Table Ronde Economique, occupés qu’ils étaient à préparer les premières élections législatives du pays, et y ont délégué des étudiants congolais qui avaient rejoint leurs différents partis politiques.

 

C’est alors que les Belges en ont profité pour concevoir un plan diabolique visant à faire échouer l’indépendance du Congo, en privant le nouvel Etat de moyens économiques et financiers et de cadres expatriés expérimentés, afin que les autorités du nouvel Etat indépendant soient obligés de faire appel à eux :

 

Le 26 juin ­1960, quatre jours avant la proclamation de l’indépendance du Congo, ils ont orchestré la plus grosse escroquerie financière de l’histoire de la décolonisation africaine, en organisant l’évasion, en Belgique, de l’impérium économique qui devait revenir au jeune Etat congolais.

 

Ensuite, tous les Fonds qui étaient à la Banque du Congo, notamment le Fonds d’Egalisation budgétaire, ont été vidés et transférés en Belgique, alors que le patrimoine, les ressources et le budget de la Colonie étaient séparés de ceux de la Belgique !

 

Enfin, à la suite de la manœuvre du Général Janssens, Commandant de la Force Publique, au Camp KOKOLO, où il prononcera, devant les militaires congolais assemblés, sa fameuse phrase qui mit le feu aux poudres « Avant l’indépendance égale après l’indépendance », tous les cadres expatriés quittèrent précipitamment leurs portes et rentrèrent en Belgique, sous le prétexte fallacieux de menaces et d’atteintesdiverses à leurs vies, rendant impossible le maintien de leur séjour au Congo. Or, il s’agissait d’une manœuvre de bas étage pour piéger le Gouvernement de Patrice LUMUMBA.

 

C’est ainsi que, quand le Président KASAVUBU et le premier Premier Ministre du Congo indépendant, Patrice LUMUMBA, organisent le premier Conseil des Ministres du Congo indépendant, ils vont constater que les Caisses de l’Etat étaient vides. C’est ce qui a piégé le premier Gouvernement congolais de Patrice LUMUMBA. Les Belges avaient tout fait pour piéger notre indépendance et faire échouer Lumumba.

 

Voilà comment, de toute l’histoire de la décolonisation africaine, le Congo, notre pays, a été la seule Colonie à accéder à l’indépendance sans dévolution de son impérium économique par la Puissance Administrante, en l’occurrence le Royaume de Belgique.

 

C’est cela l’essence de ce qu’on appelle

« Contentieux Belgo-Congolais ».

 

Gérard K.W.KAMANDA

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